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L’école, une perte de temps

Qui a le temps et attend le temps perds son temps. [William Camden]

À l’école, la moitié du temps est une perte pure et simple. C’est mon avis et c’est l’avis de plusieurs, mais ce n’est certainement pas l’avis de la majorité des enseignants, encore moins des cadres du Système d’éducation.

Là où ces avis divergents n’auront pas le choix de se rallier à une partie de ce que j’affirme, c’est où on calcule objectivement ce que j’appelle la culture du cinq minutes. C’est quelque chose qui m’a toujours tanné : on entre dans notre cours, on manque de respect, c’est l’habitude, on n’a pas eu assez de temps pour parler, donc on continue à placoter durant une minute ou deux au début. Même chose vers la fin : on a faim, on est épuisés (parce qu’on a travaillé avec assiduité, évidemment), donc on regarde l’horloge du coin de l’œil et, dès que le compte à rebours des six minutes est commencé, on ferme vite nos cahiers puis on va se masser comme des sardines mongoles devant la porte. Vous voyez la scène? C’est surement pas nouveau, surement que les plus vieux faisaient pareil. Ce que je trouve déplorable, au delà critiquer parce que je suis plus à mon affaire que d’autres, c’est quand c’est acquis, normal pour les profs que ça se passe de même. Un des droits des élèves (et c’est écrit noir sur blanc dans l’agenda scolaire), c’est d’avoir un cours de qualité. La minute au début du cours, c’est normal, on est jeunes et indisciplinés. Mais je suis toujours extrêmement déçu quand ma classe finit prématurément, juste parce qu’un très grande majorité des élèves du groupe décident qu’elle ferme son cahier à ce moment. En fait, ce qui me déçoit le plus, c’est que les enseignants prennent tellement facilement leur trou et acceptent de se faire stopper leur cours. Ma prof d’espagnol m’avait conté qu’une gang d’étudiants en voyage-échange avaient fait goûté cette médecine à une enseignante d’Espagne et qu’ils avaient tous passé un mauvais quart d’heure… Je vous le dis, c’est culturel, c’est de l’irrespect banalisé, normalisé.

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Voyez ces chiffres! Pour ne pas me faire accuser de gonfler le phénomène, j’ai été conservateur dans mes donnés : six minutes perdues par période, c’est déjà bien assez pour montrer ce que j’ai à montrer. C’est tout près de trois semaines, quinze jours, qu’on perd en une année à cause de l’indiscipline d’élèves – et de profs.

Que faire avec ces semaines? En septembre 2008, 16 % des ados interrogés par Léger Marketing ont déclaré être des bourreaux du travail. Essayons, pour voir, de promettre trois nouvelles semaines de relâche en l’échange d’une plus grande rigidité dans les temps de cours… ce serait ô combien désiré de beaucoup de gens, même des plus grands perdeurs de temps.

(Note : je ne parle pas ici des moyens de pressions des enseignants, qui constituent une mesure d’exception.) (Pour mieux comprendre mes calculs, je peux envoyer un fichier tableur à qui le demandera.)


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