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Je suis ministre de l’Éducation

Ce matin, je me suis réveillé et j’étais ministre de l’Éducation! Ah ben crime, c’est-ti pas beau la vie?

Dans les derniers jours il y a eu beaucoup de bruit concernant le cas d’une jeune intimidée qui s’est suicidée. Ce que les députés et les commissions scolaires ont trouvé de mieux à dire c’est qu’il faut se questionner et investir davantage d’argent. Félicitons au passage le député Sylvain Gaudreault qui a fait exception en étant le seul à rappeler la tolérance zéro. Maintenant, on fait quoi? On se questionne, on brûle encore plus d’argent et on continue à faire carburer le beau parlage en cours dans les médias sociaux et traditionnels?

Propositions hyper simplistes – grossières, même! – pour contrer ce qui mine la vie de beaucoup trop de monde :

  • Directive ministérielle afin que soit réellement appliquée la tolérance zéro dans les écoles et centres. L’intimidateur est aussi une victime (de sa propre vie, de sa famille atypique, du système, de je ne sais quoi…), mais n’oublions pas qu’il est avant tout coupable de faire du mal à autrui. Les mots « tolérance zéro » en soi sont bien acquis dans le milieu, mais sont loin d’être la réalité dans les bureaux des intervenants et des directeurs! Interventions molles, multiples chances laissées à l’intimidateur (rappelons qu’entre chacune de ces chances et derniers avertissements il y une réalité, celle de la personne intimidée, qui persiste), et cetera. La tolérance zéro, pour moi, c’est :
    • des excuses faites de l’intimidateur à l’intimidé
    • l’implication des parents de l’intimidateur pour qu’au moins ils sachent ce que leur enfant fait et continue à faire (dans le processus actuel ça prend du temps avant d’en arriver là) et pour qu’ils puissent appliquer une sanction
    • rappeler que la police n’est pas loin et ne pas hésiter à faire appel au policier-éducateur dès lors qu’on constate l’impuissance des intervenants scolaires et l’inaction des parents.
  • Notice ministérielle pour rappeler à tous les enseignants qu’il est inacceptable de ne pas réagir à de l’intimidation dans leur classe, aussi difficile que puisse être une intervention directe avant de transmettre le cas à un intervenant.
  • Depuis 2004 dans la Loi sur les normes du travail, il y a une interdiction générale du harcèlement psychologique. Or, en milieu scolaire…? Il serait futé de commencer par rendre clairement illégal ce qui, pour l’instant, ne l’est pas.
  • Intégrer dans le cursus des ateliers de contre-intimidation (oui, spécialement pour ça) : comment signaler du contenu en ligne aux responsables du site et aux intervenants de l’école, comment intervenir dans les corridors quand on est témoin d’une situation d’intimidation, déclarer tous ensemble notre opposition à l’intimidation, en discuter en classe, en apprendre sur les conséquences de l’intimidation et sur ce que ça implique, sur ce qui existe pour aider les intimidés et les intimidateurs, comment être un exemple pour les plus jeunes…
  • Tous les intervenants, directeurs, enseignants puis membres du personnel de soutien (dans l’ordre) auront une formation nommée « Sentinelle » afin de dépister des jeunes à risque de suicide (tant qu’à moi la plupart restent aveugles, mais passons…) et surtout afin de savoir comment intervenir correctement auprès de quelqu’un qui a de sombres idées.

Tout ceci n’étant ni des solutions miraculeuses, ni quelque chose de songé. Toutefois on s’éloigne des questionnements et des investissements financiers proposés par les politiciens, qui nous démontrent à tous les coups à quel point ils ont oublié et se sont éloignés de la réalité, du terrain. Comme dit plus haut, ces points sont simplistes et grossièrement garochés dans ce billets… reste que je le fais parce que ces choses, élémentaires, tellement basiques, semblent inexistantes dans la tête des gens au MÉLS.

(PS : j’utilise le masculin dans ce billet alors que je m’habitue petit à petit à féminiser ce que j’écris… soyez assuré(e)s que mes intentions ne sont que de rendre le texte au moins un peu plus léger. Il y a des intimidatrices, des policières, des intimidées, des intervenantes, des directrices, des politiciennes, des députées…)


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Lettre à mes députés

Québec, 17 octobre 2011

Messieurs Bolduc et Hamad,

Mon nom est Félix Gingras Genest, je suis ex-citoyen de Louis-Hébert, désormais résident de Jean-Talon. Je m’implique notamment au Forum jeunesse de la Capitale-Nationale, à l’Association étudiante du Collège François-Xavier-Garneau et au conseil d’administration de la Maison des jeunes L’Envol de Ste-Foy.

Depuis 2009 je m’implique à titre personnel pour la mise sur pied d’une commission d’enquête concernant la corruption et la collusion, que ce soit dans les instances municipales, au gouvernement du Québec ou dans le milieu de la construction. Encore une fois à titre personnel, mais dans l’intérêt des gens que je représente, je vous approche concernant cette fameuse commission d’enquête que vous repoussiez toujours vers la fin du mois de septembre.

Si l’on peut en croire les rumeurs qui courent, le mardi 18 octobre au matin le Conseil des ministres se réunira afin de discuter et d’annoncer la mise sur pied d’une commission d’enquête. Vous me voyez réjoui par avance de cette annonce qui, j’espère, se fera véritablement. Mes préoccupations toutefois en sont maintenant à la forme que prendra cette commission d’enquête.

Souvenez-vous de la Commission Bastarache et de comment elle avait été accueillie par le public et de comment on s’en souvient depuis… rien de bien reluisant. Les partis d’opposition tout comme le peuple avaient dénoncé plusieurs choses qui ont mené à son insuccès : l’étroitesse du mandat, le manque de transparence (dénotons le rôle très aidant qu’a joué l’avocate du gouvernement pour le Parti Libéral, le procureur d’origine qui était membre contributeur d’un parti en cause, le commissaire qui a pris beaucoup de décisions qui semblaient toujours favoriser certains protagonistes, et cetera) et le rapport qui ne faisait pas état de ce que tous avaient pu apprendre et constater, en adoucissant certains faits et en ne prenant pas d’autres en ligne de compte.

Comme dit plus haut, rien de bien reluisant, tout pour raviver les gouailleries et le cynisme. Je vous ai énoncé ces critiques non pas pour y revenir (vous n’êtes même pas obligés d’être en accord), mais pour convenir avec vous que quelque chose de mieux peut être fait. C’est en gardant en tête ces points faibles et en les confrontant à ses manières de faire que le gouvernement pourra montrer sa réelle volonté à faire d’une éventuelle commission d’enquête sur la corruption et la collusion un succès, tant pour la vertu que le bien du public et l’honneur de la classe politique.

Je vous envoie ce message sur le tard… j’espère qu’il vous parviendra avant la réunion du Conseil des ministres!

Veuillez accepter mes salutations les plus distinguées.
Merci beaucoup,

Félix Gingras Genest

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